|
Some years ago, I reached a point where I felt the need to meditate about things. I had to understand where I stood with my work and to decide what direction to follow. I had to leave the world in which I lived, to break off with the routine and above everything else to be alone. That was the reason why I went wandering alone in the Israeli desert. It was in my beloved desert that I found the ideal place for reflection and deepening thoughts.
There was nothing mystical in the step I took. I simply wanted to be on my own and think. For I could not remain idle, I started drawing these landscapes I saw around me.
And that's what I did. Relations between Occidental and Far Eastern art go a long way back. But the communion that I am speaking about is of a different nature. I was not influenced by a given style or a technique. I try to express, in my own language, the feeling of a landscape which inspired me in the lsraeli desert. It directed me towards the Far Eastern conceptions. I will add just a few more words concerning the particular characteristic of the drawing as a mean of artistic expression. One can compare it to chamber music or to an solo concert, in contrast to big symphony pieces. The drawing has reached the highest intensity of expression with the most simple means and the straightest roads: lines, spots, rhythms, empty spaces - silence. Resulting from this intimate meditation, from an inner dialogue of the artist with himself, drawing is the most direct and deepest mean of expression. Nowadays in our society, the individual is permanently attacked by his surrounding: noise, speed, media, the twirl of fashions and taste. He gets used to reacting only to shocks, and most of contemporary works precisely search for such shocking effects.
RAFFI KAISER
Voilà quelques années, j'étais parvenu à un point où j'avais besoin de réfléchir. Il me fallait comprendre où j'en étais de mon travail et décider de la direction à lui donner. Il me fallait quitter le monde dans lequel je vivais, rompre avec les habitudes et surtout être seul. Telle a été la raison de mon départ pour une errance solitaire dans le désert israélien. Dans ce désert que j'ai me tant, j'ai trouvé un lieu idéal de réflexion et d'approfondissement. De retour dans mon atelier, je me suis mis à dessiner de grands paysages dont l'un en particulier, réalisé sur un rouleau de dix mètres de long, décrivait une étape dans le désert. Je réalisais alors que, sans l'avoir consciemment recherché, j'avais atteint une nouvelle forme d'expression qui rejoignait la conception chinoise du dessin de paysage, spécialement celui qui se fait sur rouleau, support d'origine chinoise. Une autre similarité était le rendu du paysage à travers la transcription réaliste d'un site, tout en cherchant un équivalent de la trace laissée dans la mémoire par l'émotion qu'il a suscitée. Une sensation d'espace illimité, une continuité spatiale d'un dessin à l'autre, faisait que chaque oeuvre devenait élément d'une série, et surtout, établissait la relation entre l'être humain et le paysage. Dans cette représentation du monde qui l'entoure, l'homme apparaît comme une petite particule qui s'y intègre sans chercher à le dominer. Et c'est ce que je fis. Les relations entre l'art occidental et l'art d'Extrême-Orient ne datent évidemment pas d'aujourd'hui. Mais la communion dont je parle est d'une autre nature. Je n'ai pas été influencé par un style ou une technique. J'essaie d'exprimer dans mon propre langage un sentiment du paysage dont j'ai dit qu'il me fut inspiré par le désert d'lsrael. C'est lui qui m a conduit vers les conceptions d'Extrême-Orient. Encore quelques mots à propos du caractère particulier du dessin en tant qu'expression artistique. On peut le comparer à la musique de chambre ou à un solo instrumental, par opposition aux grandes oeuvres symphoniques. Le dessin atteint la plus grande intensité d'expression par les moyens les plus simples et les voies les plus directes: des lignes, des taches, des rythmes, des espaces vides, des silences. Dans notre société, l'individu subit l'agression constante de l'entourage: le bruit, la vitesse, les média, la virevolte des modes et des goûts... L'homme s'habitue à ne réagir qu'aux chocs; et la plupart des oeuvres contemporaines recherchent précisément ces effets de choc. RAFFI KAISER
|